Aujourd’hui je reviens avec un article assez personnel et en même temps un peu nostalgique sur mon expérience de l’allaitement. Je vous avais dit dans mon précédent article sur ce sujet « J’allaite ou j’allaite pas » que je vous raconterais mon histoire et c’est ce que je vais faire dans cet article.


Les premiers jours

La tétée de bienvenue

À la naissance de mon bébé, après quelques minutes de découverte, on me l’a presque directement installé pour la tétée de bienvenue. C’était un peu étrange, pas douloureux, assez rigolo et impressionnant de voir mon bébé avoir son réflexe du succion. Ça n’a pas duré très longtemps car avec la fatigue de l’accouchement, mademoiselle s’est endormie rapidement contre moi. Et nous sommes restés ainsi pendant 2h où le temps semblait s’être arrêté. Je remercie encore l’équipe médicale de nous avoir laisser ce long moment d’intimité

Le colostrum 

Au départ, la montée de lait n’est pas encore arrivée mais les seins secrètent du colostrum, un liquide jaune orangé épais. Il regorge de nutriments indispensables et des anti-corps pour les bébés, notamment pour les premiers heures de sa vie.  Même s’il est produit en faible quantité, il est plus riche et plus concentré que le lait qui viendra ensuite. Il apporte 2,5 fois plus de protéines et suffit au bébé les premiers jours donc il ne faut pas s’inquiéter pour les quantités.

Personnellement dès les derniers mois de ma grossesse, je secrétais déjà du colostrum, mon corps avait hâte on dirait.

La montée de lait

J’ai accouché un mercredi en fin d’après-midi et ma montée de lait est arrivée 3 jours après, le samedi après-midi. J’ai trouvé le temps très long et j’étais stressée que mon bébé perde trop de poids. A la fin du deuxième jours, Fiona arrivait bientôt à ses 10% de perte de poids (la limite non inquiétante) et j’ai quand même demandé à la compléter avec des biberons. Elle prenait 20ml au maximum, je me rends compte aujourd’hui que ce n’était rien du tout et qu’elle avait ce qu’il lui fallait avec le collostrum mais j’avais besoin d’être rassurée. Pour faire venir la montée de lait, on m’a proposé le tire-lait électrique. C’était une expérience assez traumatisante pour moi, d’une part ça m’a fait très mal et ensuite j’avais l’impression d’être une vache avec ses deux seins traits en même temps… Ça a presque failli me dégoûter de l’allaitement. En plus on a pu récolté 5 ml par sein, ce n’était très gratifiant… Finalement la montée de lait est arrivée un jour avant ma sortie, ce fut un grand soulagement. La montée de lait n’a pas été douloureuse pour moi, juste les seins très volumineux et tendus.

Sensation et douleur

La première fois, je n’ai rien senti de particulier si ce n’est tout de même une sensation étrange mais pas désagréable. Par contre c’est comme si le lien qui nous unissait quand elle était dans mon ventre se poursuivait grâce à l’allaitement. J’ai tout de suite su que j’allais essayer d’allaiter durablement. Par contre au fur et à mesure des tétées je commençais à être irritée et à avoir mal. J’avais prévu de la lanoline pour hydrater et permettre une cicatrisation plus rapide mais ce n’était pas suffisant. Les sages-femme m’ont alors conseillé d’utiliser des bouts de seins en silicone et honnêtement ça a sauvé mon allaitement car je serrais les dents à chaque fois, c’était hyper douloureux. La succion du bébé est hyper puissante et nos tétons ne sont pas habitués et sont très sensibles au départ. Heureusement avec le temps, ils se désensibilisent et on n’a plus du tout mal. Il faut vraiment tenir le coup pendant le premier mois je dirais et ensuite c’est que du bonheur.

Demander de l’aide

À la maternité, j’ai eu la chance d’être suivie par une super équipe qui respectait mon choix et qui était présente 24h/24 en cas de besoin et notamment pour vérifier Fiona était bien positionnée pour téter. Je n’hésitais pas à les appeler et elles arrivaient en moins de 5 minutes. Allaiter ce n’est pas forcément inné et c’est une habitude à prendre. C’est très important d’être bien suivie au départ. J’ai également eu la chance d’avoir des sage-femmes qui passaient à la maison les 10 premiers jours, je pouvais leurs poser toutes les questions qui me passaient par la tête. C’était très rassurant de se sentir autant accompagné et soutenu, même à la maison.


Retour à la maison

Le suivi et le poids

Une chose qui me être stressant pendant l’allaitement, c’est ce qu’on ne sait pas vraiment si son bébé est bien nourrit et prend suffisamment. Normalement on arrive quand même à sentir s’il a mangé comme il faut et quand un bébé a faim, il le fait rapidement savoir. Mais sans être dans les extrêmes, la seule chose qui me rassurait concrètement c’était de la peser régulièrement : tous les 2/3 jours au début, puis toutes les semaines et au fil du temps, une fois par mois.  Comme je vous le disais précédemment à la maison les premiers jours j’étais suivi les sage-femmes à domicile, elles amenaient une balance à la maison.  Ensuite si besoin je me rendais à la PMI où une puéricultrice m’accueillait avec toujours de bon conseils et on faisait la pesée là bas. Après le premier mois nous voyons la pédiatre et la PMI en complément si besoin.

Fiona a toujours bien pris du poids avec l’allaitement, il y a eu qu’une seule fois où elle n’en avait pas pris (mais pas perdu) car elle avait eu un rhume à un mois et ça l’avait fatigué.

La fréquence des tétées et les nuits

Au tout début, je pense que nous étions à une tétée toutes les heures puis au fil des jours et des mois ça s’espace à toutes les 2h, 3h puis 4h. Il fallait faire durer les tétées au moins 20 à 30 minutes mais avec Fiona c’était compliqué car elle s’endormait rapidement alors je la stimulais un peu.

Pour les nuits, nous avons décidé de faire du cododo le premier mois. Pour éviter d’être trop fatigué, je trouve que c’est l’idéal mais ce n’est pas forcément très recommandé, il y a des précautions à prendre mais chacun doit faire comme il le sent. Ensuite nous l’avons gardé dans notre chambre jusqu’à ses 6 mois. Elle ne se réveillait plus qu’une fois par nuit.


Au fil de des mois…

La routine

Avec le temps, nous avons appris à être plus à l’aise, l’installation se faisait rapidement, un lange et c’était parti. C’était vraiment notre moment de complicité et de tendresse. Avoir du lait chaud à disposition n’importe quand est super pratique ! Cela ne nous empêchait pas de faire des sorties, bien au contraire, nous avions besoin de moins de temps pour préparer ses affaires. 

Le regard des autres

Au départ je pensais que je serais très pudique, que je devrais changer de pièces pour allaiter. Finalement je me suis rendue compte qu’en s’installant bien, avec un lange, on ne voit rien du tout. Et pour moi allaiter est devenu quelque chose de mon quotidien et de naturel. J’ai allaité devant ma famille, mes amis, dans les lieux publiques, dans le train, comme je donnerais un biberon. Après c’est vrai que j’ai eu le droit à des regards curieux mais rien d’insistants ou de malaisants.

Le tire-lait

J’ai eu la chance de ne jamais avoir vraiment besoin de tirer mon lait et tant mieux car je n’aimais pas vraiment ça. J’ai choisi un tire-lait manuel, moins agressif pour moi et je préférais pour une utilisation occasionnelle pour pouvoir confier Fiona ou que le papa puisse donner un biberon de temps en temps.

Le sevrage

A partir de 7 mois, j’ai décidé que je voulais ralentir l’allaitement et commencer à donner des biberons. Mais la chipie était bien trop accrochée à moi et à nos moments. Je lui ai proposé le biberon tous les soirs et elle n’en a pas voulu pendant un mois complet. Puis finalement en lui montrant quand même avec le biberon, je pouvais aussi la câliner, elle les a accepté. Par contre je souhaitais tout de même garder une tétée « de réconfort », pour ne pas arrêter d’un coup et garder un de ces petits moments précieux. Mais à partir du moment où elle a pris les biberons, elle n’a plus voulu prendre le sein.

Je pense qu’il ne faut pas voir le sevrage comme une raison de ne pas allaiter. Avec un peu de patience, le bébé finit par se faire au biberon, il suffit de prendre un peu d’avance par rapport à la période où on souhaite complètement arrêter. 

Bilan

Je suis très heureuse d’avoir allaiter et d’avoir pu le faire. Je sais qu’il y a plein de situations, de facteurs ou un choix tout simplement qui font que ce n’est pas toujours possible pour toutes les mamans et il faut le respecter. Mais de mon côté je suis comblée d’avoir pu vivre cette expérience et je ne regrette rien. Je suis fière d’avoir allaiter aussi longtemps, d’avoir éviter toutes les remarques et d’avoir tenu bon le premier mois difficile. Si nous avons la chance d’avoir un autre bébé, je recommencerais sans hésiter.

Et toi, as-tu allaité ? Comment as tu vécu cette expérience ?

Ecrit par

Merci pour ton passage sur mon blog, j'espère que mon article t'a plu ! N'hésite pas à me laisser un petit mot pour me dire ce que tu en as pensé ou une question, je te répondrais avec plaisir ♥ !

25 Commentaires

  1. Une expérience assez similaire à la mienne même si je l’ai sevré bien plus tôt. Par contre, je n’ai jamais voulu allaiter en public ou devant quiconque, sauf le papa. Je trouve que c’est trop intime, même cachée derrière un lange. Et ça me faisait une bonne occasion pour me retrouver avec bébé 🙂 Je me suis toujours arrangée pour donner une tétée avant de partir si je devais aller qq part. C’est encore un peu plus d’organisation mais j’y tenais 🙂
    Bisous à vous 2 !

    Aurélie

    • MyBerryStyle

      Coucou, merci pour ton retour d’expérience. C’est vrai que c’est super intime et normalement je suis très pudique mais je ne sais pas, je me suis sentie à l’aise 🙂 ! En tout cas j’ai été impressionnée par ton organisation pour continuer d’allaiter au travail car c’est pas évident.
      Bisous ♥

  2. Coucou ma belle !
    Je te félicite d’avoir tenue le coup malgré les difficultés que tu as eu les premiers mois ! Il n’y a rien de mieux que le lait maternelle pour les bébés et leur système immunitaire 🙂
    Bisous Romy <3

    • MyBerryStyle

      Coucou,
      Merci beaucoup, c’est vrai que je suis assez fière d’avoir tenue tous ces moments 🙂 ! C’est vrai qu’allaiter au moins au tout début, c’est super important pour le système immunitaire.
      Bisous

  3. C’est une magnifique expérience que tu décris là ! On sent qu’elle vous a apportée beaucoup à toutes les deux…Pour ma part, ce fut le chaos mon allaitement. D’ailleurs je n’ai pas encore trouvé la force de le raconter sur mon blog alors que LaLutine a fêté ses 22 mois…mais ça viendra ! 😉

    Gros bisous <3

    • MyBerryStyle

      Navrée que tu aies vécu une expérience négative avec l’allaitement. J’espère que tu trouveras le courage de le raconter, ça pourra peut-être aider d’autres mamans 😉
      Bisous

  4. ( au fait, le paragraphe « demander de l’aide » s’arrête de façon un peu abrupte : « J’ai également eu la chance d’avoir des sage-femmes qui passaient à la maison les 10 premiers jours, je pouvais leurs poser toutes » je pense qu’il manque un bout de phrase 😉 )

    • MyBerryStyle

      Merci de me l’avoir signalé ! 🙂
      Fiona a du pleuré à ce moment là et j’ai tout arrêté d’un coup en oubliant de reprendre le passage haha !
      Bisous

    • MyBerryStyle

      C’est vraiment incroyable comme la nature est bien faite.
      Merci pour ton petit mot ♥

  5. Bientôt 5 mois d’allaitement pour moi et franchement que du bonheur. Je comptais aller jusqu’au 6 mois de bebe mais j’ai bien envie de poursuivre un peu plus.
    Je n’ai pas très envie de mettre fin a cette relation particulière. Je n’ai eu àucun souci pour allaiter en public jusqu’à maintenant. À vrai dire j’y fait pas attention. Dans mon ile c’est tellement naturel de le faire peut importe l’endroit que je pensait pas que ça pouvait poser problème. J’ai juste été surprise par certain ami qui ont préféré sortir de la pièce pour me laisser de l’intimité.

    • MyBerryStyle

      Coucou,
      Génial ! Je comptais aussi aller à 6 mois ensuite c’était du bonus et comme je le sentais 🙂
      Oui comme toi ça me semblait être quelque chose de naturel alors je n’ai vraiment pas eu de problème pour allaiter en public mais c’est vrai qu’au départ ma famille n’était pas très à l’aise et quand ils ont vu que ça ne me posait aucun souci, ça a détendu l’atmosphère 🙂
      Bisous

  6. J’ai allaité également mes 2 enfants pendant un peu plus de 8 mois et je ne le regrette pas. Cette période reste une expérience unique même si les débuts de mon premier allaitement ont été difficile. Ma fille réclamait toute les 2 heures, j’étais en plein baby blues… j’ai été très mal entourée. Mais au final un souvenir positif car tout à fini par s’arranger. Pour le deuxième çà a été plus simple… je me suis surtout écouté au lieu d’écouter les 1000 avis autour de moi de personnes qui n’ont jamais allaité mais qui savent tout 😉 .

    • MyBerryStyle

      Merci pour ton retour d’expérience, c’est vrai qu’il faut arrêter d’écouter les avis à droite à gauche, c’est souvent pas très utile et ça nous perturbe. Il faut faire comme on le sent et être entouré quand meme un minimum par une équipe médicale pour le premier. Je pense que j’allaiterai mon deuxième bébé 🙂
      Bisous

  7. J’allaite depuis 4 mois et pour moi aussi c’est un choix que je ne regrette pas. Comme toi le premier mois a été difficile et j’ai aussi opté pour le cododo et pour le regard des autres, j’ai opté pour la cape d’allaitement, c’est plus « couvrant » que le lange que bébé avait vite fait d’enlever avec ses pieds ^^

    • MyBerryStyle

      Coucou Melly,
      Bonne idée la cape d’allaitement, c’est vrai que ça peut être un bon compromis pour pouvoir allaiter en public car ça cache bien. Merci pour ton petit mot et bonne continuation pour ton allaitement 🙂
      Bisous

  8. Un joli retour d’expérience… Tu as l’air d’avoir été bien suivie au début et c’est essentiel ! tant d’allaitements ratent par un manque de suivi et de connaissance ! Merci d’avoir partager tout cela… La nostalgie me guette !

    Virginie

    • MyBerryStyle

      Oui j’ai vraiment eu la chance d’être suivie par une super équipe, c’est important et je sais que malheureusement ce n’est pas toujours le cas.
      Bisous ♥

  9. Personnellement, je suis enceinte de 8 mois et demi actuellement, et même si au début de ma grossesse je ne voulais pas du tout allaiter, il ne fallait même pas m’en parler ou me dire les points positifs, c’était non ! Et depuis quelques temps, où j’ai eu mes premières « pertes » je dois dire que ça a tout changé dans ma tête ! Finalement je vais essayer et je verrai si ça me convient, et si ça lui convient aussi 🙂
    Je pense qu’il ne faut pas trop se mettre la pression par contre, car j’ai une amie qui n’a pas pu allaiter car elle n’avait pas assez de lait et ça l’a rendue malade !
    En tout cas merci pour ton article bien complet !!
    Des bisous 🙂

    • MyBerryStyle

      Coucou Cyrielle,
      Je pense que c’est dommage d’avoir un avis tranché même si je le respecte. Mais c’est bien que finalement tu optes pour la solution d’essayer, comme tu dis, rien ne sert de se mettre le pression, tu allaiterais si tu le sens, si c’est possible et sinon, ce n’est pas grave 🙂 !
      Merci à toi pour ton petit mot et bonne fin de grossesse ♥

    • Je reposte un commentaire un peu de mise à jour de ma situation, j’ai accouché mardi et comme prévu j’allaite ma petite princesse, j’ai relu ton article pour me remémorer tes premiers jours, et j’avoue que ça me rassure car même si je suis bien entourée niveau médical, sage femme à domicile.. j’aime quand même savoir les expériences des autres, car je me demandai si c’était quand même normal qu’elle demande autant mais en lisant qu’au début toi aussi c’était toutes les heures, ça me rassure ! Merci 🙂

    • MyBerryStyle

      Coucou Cyrielle,
      Merci d’être revenue nous donner des nouvelles ♥ !
      Félicitations pour ta princesse et bravo pour ce début d’allaitement 🙂
      Oh oui ne t’inquiète pas c’est normal que ça soit super souvent au départ puis ça s’espace petit à petit. C’est super si tu es bien suivie.
      Bisous et bon courage pour tes débuts de maman ♥

  10. Je n’ai pas allaité car je n’en ai pas ressenti l’envie et le besoin mais avec le recul je me dis que j’aurais peut-être dû au moins essayer. Tant pis on ne refera pas le passé., peut-être pour un deuxième on sait jamais 🙂

    Merci pour ton retour d’expérience en tout cas. Je pense qu’il est important d’être suivi par l’équipe à la maternité ou une sage femme pour la mise en route car j’en ai vu beaucoup se décourager très vite car c’était un monde inconnu.

    Bises

    • MyBerryStyle

      Coucou,
      Tu n’as pas de regrets à avoir, il faut vraiment le faire comme on le sent 🙂 !
      Oui peut-être pour un deuxième. Je pense que dans le doute, c’est toujours bien d’essayer pour voir car ce n’est jamais un choix définitif 😉 !
      Bisous

  11. Merci beaucoup de partager aussi précisément avec nous ton expérience 🙂 Ca permet de pouvoir s’identifier et de comparer nos expériences, voir ce qu’on a fait de bien, de moins bien, ce qu’on pourrait améliorer pour le prochain, etc.

    Par rapport à la partie « tire-lait médical » que tu décris comme étant traumatisante, c’était le modèle Medela Symphony j’imagine ? Je comprends tout à fait que ça peut être choquant d’avoir les deux pompes en même temps, mais ça a aidé tellement de femmes à développer leur production de lait, ou même pour les petits bouts qui ont eu la malchance d’arriver en préma…

    Tu l’auras compris, je suis un partisante du tire-lait qui, quand il est bien utilisé, permet vraiment de soulager énormément de maux etc.

    Bref, juste pour te remercier encore une fois de ton récit, excellente journée !

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